Russie

Du 24 septembre au 24 novembre 2012

Itinéraire de voyage sur le territoire Russe
Itinéraire de voyage sur le territoire Russe

Russie 1 ............Le 24 /09 /12

 

Bonjour à tous,
Me voilà reparti pour un périple de 2 mois et demi pour découvrir "une partie" de la Russie. Toujours avec le même type de voyage, seul, en sac à dos, sans programme ni itinéraire.... au gré du vent.
Je ne choisi pas la facilité avec la période - je voulais éviter juillet et août où les sites touristiques sont envahis de touristes et où il est plus difficile de découvrir la population locale dans la vraie vie du pays. C'est la même chose chez nous en juillet et août. Je ne pensais pas repartir cette année, mais le décès de personnes connues m'a incité à ne pas remettre au lendemain un tel projet.
Tout laisse à penser que la Russie sera plus difficile que l'Amérique Centrale parcourue au printemps........ l'obtention du visa fut un petit parcours du combattant. Le visa touristique y est limité à 30 jours - au-delà, un visa d'affaire est nécessaire, 90 jours ou 6 mois. Tout visa nécessite une invitation dans le pays, touristique ou affaire (sauf pour 2 ou 3 jours) - mais, business business, celui-ci peut s'acheter par une agence spécialisée. Les délais sont de 15 jours à 3 semaines pour obtenir l'invitation + environ 3 semaines pour la délivrance du visa. Dans le cas de la Russie, le demandeur doit fournir les dates d'entrée et sortie, synonyme pour moi de prendre son billet, avant toute ouverture du dossier. Autre point important, le visa court à partir de sa signature au consulat et non à l'entrée à la frontière comme dans les autres pays. Cela veut dire que pour un visa de 90 jours, comme c'est mon cas, avec toutes les imprécisions dans les délais, il est hors de question de prévoir un séjour de 90 jours. Tout s'est bien déroulé, mais en consultant les forums sur internet certains n'ont pas cette chance et se retrouvent le jour du départ sans visa.
Je n'ai pas pour habitude de préparer beaucoup mes voyages à l'avance, toutefois pour la Russie cela me paraissait important de lire au moins les règles et le fonctionnement du pays. Je m'attends à quelques surprises mais c'est ça aussi l'aventure.
Je ne sais pas si je pourrais facilement utiliser internet au fin fond de la Russie. Je prévois aller vers le nord au départ pour éviter le blocage des routes au début de l'hiver.

Le 28 /09 /12
Une escale de 9 heures à Tallinn en Estonie, en pleine nuit à l'aéroport, et me voilà foulant le sol Russe à St Petersburg. Il me faut trouver un bus pour rejoindre le centre ville. Je ne sais pas où je dois descendre et je ne peux demander à personne autour de moi. Je descends quand je remarque des signes qui peuvent être des stations de métro, et je cherche un endroit pour manger et prendre le temps de me localiser. Trouver un petit hôtel me prendra environ 2 heures - métro et marche (pas de réservation à l'avance comme d'habitude).
C'est assez cosmopolite dans l'hôtel, et c'est bien pour communiquer et s’imprégner de la vie locale. Je reste quatre jours dans cette magnifique ville aux imposants buildings de plusieurs siècles et parcourue par une multitude de canaux. Les églises orthodoxes et les musées occupent une partie de mes journées.
C'est une température plutôt fraîche qui m'accueille - 5 à 10 degrés - mais sans pluie pour l'instant. Je prends un bus de nuit ce soir qui doit m'emmener à Petrozavvodsk, à 420 km vers le nord, avec l'objectif de monter jusqu'à Murmansk dans l'extrême nord, et où la neige y est attendue pour le weekend.
L'achat du billet de bus n'a pas été triste - tout est écrit en cyrillique (alphabet russe), et personne pour parler l'anglais. Il faut prendre son temps, déchiffrer le panneau avec son petit dictionnaire (lettre par lettre) et écrire sur un papier en cyrillique précisément la demande. C'était un bon exercice pour ce qui m'attend dans la suite de mon voyage.
Les photos viendront plus tard car je n'ai pas encore pu maitriser le matériel informatique russe. Le clavier est encore différent et je ne retrouve pas toutes les fonctions de mon ordinateur perso. On ne peut pas être bon partout !!!!
Je quitte St Petersburg en espérant vous retrouver dans quelque temps sur le net ... si mes doigts ne gèlent pas entre temps.
A bientôt,
Bernard

PS : J'ai toujours mon blog "blardeux.com" sur lequel j'enverrais mes photos, après vous en avoir informés par mail. En attendant, pour celles et ceux qui sont intéressés par les récits de voyage, j'ai mis en ligne tous mes cahiers de voyage - de quoi occuper pendant quelques heures (ou jours).

 

Russie 2 -........ le 6/10/12


Suite de St Peterburg.
Je me croirais presque en France s'il n'y avait pas la barrière de la langue. La ville est propre, la population est d'une grande "tenue", mais les HLM sont repoussées loin du centre touristique. Le métro, un peu difficile, circule à au moins 50 m sous terre.
La population en Russie est d'environ 265 millions d'habitants.
C'est le plus vaste pays du globe avec 9 fuseaux horaires. Quand il est midi à Moscou il est 20 heures à Vladivostock, à l'extrême est.

Le train en 3 ème classe de Petrozavodsk à Murmansk ! ce n'est pas triste. Je suis allé la veille et j'avais bien préparé ma demande en écrivant le maximum pour ne rien oublier. Premier guichet, j'ai de la chance, la personne parle quelques mots d'anglais et me donne les horaires des 5 trains de la journée avec le tarif de chaque en 3 ème classe. Pour le même trajet, les tarifs varient de 1100 à 1800 roubles !! (28 à 45 €). J'en choisis un qui arrive dans la matinée, et j'ai droit à une petite grimace et un petit signe qui me fait comprendre qu'il vaut mieux en choisir un autre - je ne saurais jamais les raisons mais j'ai appris depuis longtemps qu'il fallait faire confiance à la population locale. Ok, mais il faut prendre votre billet dans un autre immeuble Monsieur - dommage - mais pas de problème. Je trouve le guichet - j'ai tous les éléments, mais j'ai droit à un regard interrogateur - 3 ème classe ? - oui, - à nouveau le regard - oui,  oui 3 ème classe. Je repars avec mon beau billet en poche - impossible à lire !
Le jour "J" j'arrive 45 mn avant - un train est stationné devant la gare. En entrant dans la salle d'attente, je demande au jeune policier qui monte la garde si c'est bien mon train. Il prend mon billet et essaie de le déchiffrer - au bout d'un moment, j'en conclus qu'il ne sait pas lire un billet. Je trouve une personne un peu plus âgée - elle me répond "3 ème " en me regardant bien - oui, oui 3 ème classe. J'attends 10 minutes - l'heure tourne et je trouve que ça bouge peu. Nouvelle demande à une dame - même réponse, même regard - oui, oui, 3 ème classe. Un quart d'heure avant je sors sur le quai - personne devant le train. Je présente mon billet à un policier et..... par ses gestes, je comprends que c'est le 3 ème quai ! - et nous sommes sur le premier. J'ai deux trains à contourner par un passage sur les voies et je présente 4 fois mon billet à des contrôleurs au milieu de la foule sur le quai, pour arriver enfin au bon compartiment - tout juste 5 mn avant le départ. Ouf ! sacrée 3 ème classe.
Vingt heures de train pour effectuer.... peut être plus de 1000 km. Chacun sa couchette - aucun compartiment fermé - c'est la grande famille, avec les enfants qui jouent ensemble dans le couloir. On me montre comment faire le lit avec "la lingerie fournie". Je suis avec une famille de 4 personnes, dont un enfant de 3 ans environ. C'est une super ambiance - on me propose du thé et de la nourriture et j'ai bien du mal à refuser. Je n'ai rien à donner en échange à part mes photos et mes petits films de St Petersburg - très appréciés. L'eau bouillante pour le thé est en libre service dans le wagon.
Je ressortirais du train avec quelques villes surlignées sur ma carte - lieux intéressants à visiter.
Je me promets de reprendre la 3 ème classe pour les prochains voyages en train ... en espérant que ce ne soit pas sur le quai numéro 3 !!!
La vision par les fenêtres du train n'a été que de la forêt et quelques lacs. C'est une forêt composée presque exclusivement de sapins et bouleaux.

Murmansk : une ville où je ne rencontre aucun touriste. Il faut être un peu fou pour y aller à cette période de l'année, le soleil a bien du mal à réchauffer l'atmosphère. Il faut dire qu'il ne grimpe pas très haut dans le ciel - à 13 h, mon ombre mesure 7 m au sol. Tout est gris, les buildings, les rues...même le temps. Malgré cela la population est très bien habillée - peu de jeans et baskets - beaucoup de talons hauts pour les dames et chaussures noires "lustrées" pour les hommes - alors qu'il faut souvent chercher les passages propres sur les trottoirs.
J'ai cherché à aller au delà de Murmansk, dans des villes et villages retirés .... que c'est difficile - impossible de lire les panneaux d'affichage à la gare routière. J'écris là où je désire aller, et, la réponse, quand il y en a une, est beaucoup trop compliquée pour que je comprenne. A un moment je trouve un minibus qui va là où j'ai choisi d'aller. Je demande au chauffeur - il me fait non de la tête. Je lui fais remarquer que la ville où il va est inscrite sur le panneau à l'avant, et lui demande la raison. Notre "conversation" dure un moment et je finis par comprendre que c'est une zone militaire et que c'est interdit pour les étrangers. Je décide de renoncer au projet d'aller plus loin et de reprendre le train vers le sud - j'aurais passé 3 jours à Murmansk et j'espère avoir d'autres occasions de m'enfoncer dans les terres sans prendre le risque d'attirer des soupçons sur ma personne. La police et l'armée sont très présents à Murmansk mais je n'ai jamais subi un seul contrôle depuis mon arrivée sur ce territoire (12 jours).
J'ai des difficultés pour accéder à internet. A Murmansk, aucun web café, pas même de wifi dans l'hôtel où j'étais, alors qu'il comptait environ 300 chambres. On ne voit nulle part des personnes se trimballant avec un ordinateur ou une tablette, même dans les restaurants. J'ai pu quand même lire mes emails en prenant un café dans l'hôtel "Le Méridien" - très grand standing - où je faisais tâche parmi les clients. J'ai emporté pour la première fois une mini tablette (17 pouces), mais elle a de la difficulté par wifi. Par contre, c'est génial pour écrire le soir et surtout pour lire des livres - plus besoin de me charger en livres. Pour ce qui est de la télévision, je l'oublie complètement tellement les programmes sont inintéressants.
Dans le train de retour vers Petrozavodsk - toujours en 3 ème classe - je fais le voyage avec un homme de 53 ans. Son accueil et sa gentillesse n'ont pas démenti mon voyage aller.

Prix des hôtels : les tarifs les plus bas - ceux que je fréquente sont entre 12 et 25 € la nuit. Mais le prix normal varie entre 30 et 60-100 €. Dans beaucoup de domaines la vie est aussi chère qu'en France, sauf pour les transports. Je ne connais pas encore le niveau des revenus, et pour l’instant je ne peux pas dire que je ressens un peuple dans la misère.
La plupart des magasins et restaurants sont "cachés" dans les immeubles, avec les mêmes fenêtres que les maisons. On ne voit rien de l'extérieur - il y a juste l'enseigne sur la porte .... qui ne me donne aucune info pratique puisque je suis incapable de déchiffrer. Il m'arrive d'avoir des difficultés à trouver à me restaurer, et quand je trouve l'endroit je ne le lâche pas.
Les trois difficultés majeures que je rencontre sont l'achat d'un billet de train ou de bus, trouver où me loger à bon marché et quelquefois trouver des endroits pour me restaurer. Mais tout s'améliore avec le temps.
Les immeubles et maisons sont tous équipés de doubles fenêtres - rigueur de l'hiver oblige.
Je m'apprête à partir demain matin pour Vologda, à quelques centaines de km à l'est de Moscou - 12 heures de bus. J'arriverais de nuit mais l'hôtel où j'ai l'intention de dormir n'est pas très loin - je croise les doigts.
A + pour la suite du voyage.
Bernard

Russie 3 ---- le 18 octobre 2012


Je vous ai quité à Petrozavodsk en partance en bus pour Vologda.
Beaucoup de route sont en très mauvais état - les chauffeurs slaloment entre les nids de poule. Des tronçons de 10-20 km ne sont même pas goudronnés du tout - on se croirait sur les pistes de l'Afrique, avec la boue en prime. Plus on s'enfonce dans les terres, loin des grandes villes, et moins les routes sont goudronnées. Sur ma carte des routes sont absentes entre des grandes ville - seul le train les relie.
Une idée du salaire de base et moyen : 10 à 15000 roubles par mois (250 à 400 €). Les salaires des grandes villes sont beaucoup plus élevés. Il est possible aussi que les salaires diffèrent d'une région à une autre - le pays est tellement vaste.

Je m'arrête enfin dans une petite ville (Konosha) où je peux en faire le tour complet à pied. Ici les talons hauts et les chaussures vernies disparaissent au profit des bottes. Les Russes semblent avoir la culture du jardinage dans les campagnes avec des jardins partout devant les maisons.
La plupart des maisons individuelles dans les villages sont en bois. 
Je retrouve les images de la Russie d'autrefois, avec les habits d'hiver, comme dans nos campagne en France. Toujours dur de prendre des photos des habitants.
On va chercher l'eau avec des seaux ou des bidons au robinet du coin de la rue - j'en déduis que beaucoup de maisons n'ont pas l'eau courante.
Les rues et les trottoirs sont très sales ici - c'est une terre très noire - il faut éviter d'être trop près des voitures qui passent, sinon c'est la cata ! L'eau des rivières est noire également.

Konosha --> Vorkouta (ou Vorkuta) : 30 heures de train vers l'Est. Cette ville se situe au dessus du cercle polaire sur le méridien 65°. J'y ai vu ma première neige sur le sol - et des gens bien emmitouflés à la gare d'arrivée. Ici, je navigue à vue, c'est à dire que je n'ai plus l'information que me donnait mon guide "lonely planet" (l'équivalent du guide du routard), où j'ai un petit plan des villes avec l'emplacement de la gare et de quelques hôtels. La gare ici est loin du centre ville et je commence à marcher en suivant la direction des voitures. Je trouve la distance un peu longue, alors je montre mon petit papier où il est écrit "je cherche un hôtel pas trop cher" - je comprends que je dois prendre un bus. J'attrape le premier qui passe - je paie sans en connaitre le tarif. Dans ce cas je donne toujours un gros billet, ça m'évite d'avoir à demander le prix. Dans le bus je présente mon petit papier à une charmante dame - qui discute avec sa voisine pour un hôtel - elle me fait OK de la tête - et la voilà qui me fait signe de la suivre et m'emmène jusque dans l'hôtel. Merci infiniment Madame. J'attends - beaucoup d'occupation à la réception, pour au bout d'un quart d'heure me dire que l'hôtel est complet. Je repars avec deux nouvelles adresses et recommence mon questionnement dans la rue. Tout le monde est emmitouflé - je n'ai pas l'impression qu'il fait froid, tellement accaparé par ma recherche. J'accoste un homme qui monte dans sa voiture : "prenez le bus N° 10 et vous descendez au 3 ème arrêt" - merci Monsieur. J'ai pas fait 15 m qu'il me klaxonne et me fait signe de monter - pour finalement m'emmener à la porte de l'hôtel. Que l'on vienne pas me dire que le peuple Russe n'est pas accueillant !
Dans le train, on me posait la question "qu'est-ce que vous allez faire à Vorkouta ?" - visiter la région et voir la vie des habitants. Mais il n'y a rien à voir ici, .... je sais - mais justement c'est ce qu'il y a d'intéressant. J'ai essayé d'expliquer le "tableau" des personnes alignées à vendre leurs quelques produits dans une gare à l'arrêt du train (photos) et que, pour moi c'était exceptionnel de vivre cela. En réponse, j'ai eu une petite grimace qui me faisait comprendre qu'ils étaient pris pour des ploucs..... on a quelquefois les mêmes réactions chez nous !
Cette région est si éloignée que seul le train permet de l'atteindre - et l'avion bien sûr. J'ai eu la confirmation que beaucoup de soi-disant routes sur la carte ne sont en réalité que des pistes, souvent impraticables pour les voitures ordinaires et les bus.
La forêt, dense au début, a progressivement rétréci pour faire place à la "toundra" - un mélange de végétation entre les grandes herbes et de grandes surfaces presque désertiques. 
J'ai appris que cette région abritait beaucoup de prisons.

Je passe beaucoup de temps à trouver les moyens de transport. Quand je vise un point sur ma carte, je ne suis pas certain de pouvoir m'y rendre. Habituellement, je marche beaucoup dans mes voyages, souvent 20 à 30 km par jour dans la campagne. Ici, j'ai tenté plusieurs fois mais c'est vraiment trop sale et dans la forêt il n'y a aucun sentier.

Visite d'une "ville" à 15 km environ de Vorkuta, Covestky. Je prends le bus que j'ai repéré la veille et je découvre une ville presque fantôme. Il y a sans doute encore quelques centaines d'habitants, alors qu'elle en hébergait entre 5 et 10 milles il y a 10 ou 20 ans. C'est assez impressionnant et triste de voir tous ces HLM à l'abandon (photos). Dommage que je ne puisse pas en connaitre la raison - impossible de demander dans la rue (barrière de langage). J'ai quand même réussi à acheter de quoi manger le midi dans le petit commerce - et je me suis permis de revenir en stop. 
Direction Labytnangi au sud. Cela parait tout près sur la carte - quelques heures dans ma tête - eh bien 12 heures de train quand même. Le train est de loin le moyen de transport le plus utilisé mais il est lent - une moyenne de 50 km /heure en comptant les nombreux arrêts. J'arrive à minuit avec 10 cm de neige au sol. Taxi obligatoire - hôtel à 50 € et semi arnaque du taxi - je déteste ce genre de situation.
Le lendemain matin, je découvre une ville en pleine effervescence, avec des constructions neuves, des rues neuves comme on aimerait en avoir chez nous. Nous sommes au bout du monde, loin de tout, entourés de toundra et dans quelques années ce sera une ville toute neuve et ultra-moderne. La raison : Gazprom, la compagnie gazière de Russie. Dans le train, une très grande majorité d'hommes travaillant pour la compagnie. La plupart sont des travailleurs en déplacement. Une personne qui parlait un peu l'anglais me disait qu'il habitait Moscou et travaillait 2 mois ici pour un mois de vacances. On ne voit rien des puits de gaz, je suppose qu'ils sont dans la toundra - de grands bus-camions surélevés font la navette entre les puits et la ville.
Je n'avais aucune idée de ce que j'allais découvrir, puisque j'avais en tête d'aller le plus profond possible pour éventuellement rencontrer des nomades, où des peuples un peu hors civilisation.
Retour sur mes pas pour 24 heures de train jusqu'à Ukhta où il fait 2° avec une pluie fine qui vous glace. Une nuit ici et départ en bus pour Syktyvkar, à l'ouest, et je m'apprête à descendre vers le sud. Le bus permet mieux que le train la découverte de la vie locale avec la traversée de tous les villages.
A  bientôt sur le net. 

 

Russie 4 ---- le 28 octobre 2012

 

Bonjour à tous, 

Je ne suis pas le seul à utiliser le langage des signes pour me faire comprendre. Une femme à la réception d'un petit hôtel m'offre un café en arrivant, et elle me demande si je veux du lait - quoi ? - est-ce que vous prenez du lait ? J'exprime sans doute une tête de celui qui ne comprend rien -alors elle se met à imiter la traite des vaches à la main - euh, oui oui, avec du lait. Il s'en est suivi un "fou rire" pendant un long moment.

Les zones au Nord-Est du pays sont encore en partie peuplées par des indigènes qui vivent de la chasse et de l'élevage de rennes. Ils seraient devenus assez agressifs suite aux investigations pour les recherches minières, gaz et pétrole, et on m'a plutôt déconseillé d'y aller.

Je vous avais parlé des neufs fuseaux horaires sur le territoire Russe, ce qui en principe est source d'erreurs pour ceux qui se déplacent. Eh bien, ils ont trouvé la solution pour simplifier la vie des voyageurs, il n'y a qu'un seul horaire utilisé pour les trains, c'est l'horaire de Moscou (sans doute idem pour les avions). Concrètement, si un train arrive à Vladivostock (extrême Est) à minuit, il est 8 heures du matin, heure locale. Pour l'aspect pratique, j'utilise ma montre pour l'heure locale en ajustant à la zone où je me trouve, et mon téléphone est resté à l'heure de Moscou (heures des trains).

De temps en temps, je dors dans des chambres doubles et j'ai un Russe comme compagnon. Les échanges sont parfois difficiles, mais toujours très cordiaux - l'image du Français est très bonne. J'ai rencontré de cette manière un pédiatre qui parlait un peu anglais et nous avons bavardé toute une soirée. Il était en formation de "remise à niveau" pour 3 semaines. C'est une pratique obligatoire et qui revient tous les 5 ans. Je ne connais pas tout du système français mais je ne suis pas certain que tous les médecins fassent régulièrement des formations de ce type.

Ce voyage est plein d'anecdotes, plus ou moins heureuses. J'ai mes petits papiers types pour chaque demande - puisés en partie dans mon lexique et mon dictionnaire. Mais il arrive que cela ne fonctionne pas comme prévu. Exemple, je demande un billet de train pour le lendemain, avec la destination et l'horaire précis - départ à 7 h du matin. La caissière semble bien comprendre : bla bla bla bla 7 h ? - oui, 7 h ....... - 7 h ? - oui oui 7 h. Elle cherche sur son écran et me sort le billet que je paie. Merci madame. Je laisse la place au suivant et vérifie mon billet. Surprise ! je pars le soir même et arrive à 4 h du matin. Je reviens et essaie de lui faire comprendre que le billet n'a rien à voir avec ma demande sur le papier. La barrière de langage est bien présente et impossible de s'expliquer. Une jeune fille dans la file d'attente essaie de m'aider avec ses quelques mots d'anglais. Elle me dit "vous prenez l'avion" ? - non, pourquoi ? - le mot départ que vous avez écrit sur votre papier est utilisé pour les avions (sous-entendu "décollage"). La caissière a compris que je devais prendre un avion à 7 h dans la ville de destination que j'avais écrit et avait fait en sorte que j'arrive bien avant l'heure. Le bla bla bla était de sa part une demande de confirmation de mon avion à 7 h. J'ai été quitte pour racheter un nouveau billet. Et ce petit papier avait fonctionné plusieurs fois auparavant sans soucis de compréhension.

Depuis deux semaines environ je "cuisine" matin et soir dans ma chambre -c'était quelquefois trop compliqué de trouver à se restaurer et la nuit arrive vite. J'avais prévu cette éventualité avant mon départ. Donc je fais mes courses, ..... et, je ne sais pas toujours ce que j'achète - impossible de lire les étiquettes sur les boites de conserve. J'espère ne pas acheter un jour une boite pour chats et chiens - les rayons ne sont pas importants mais situés en plein milieu des autres. J'en mourrais pas !

Le calme et la patience de la population sont impressionnants. Le plus frappant est l'attitude dans une file d'attente au guichet d'une gare. J'ai vécu jusqu'à une heure d'attente dans une file et personne ne s'impatiente -impossible de voir cela en France. Sans doute un héritage du passé avec les files d'attente aux magasins - image qui a complétement disparu aujourd'hui.

Les hommes et les femmes portent aujourd'hui des bijoux en or (surtout les femmes !) - eh bien jadis devait exister une pratique très répandue dans les campagnes russes, celle de se faire couronner les dents en or. Beaucoup de personnes d'un certain âge affichent un sourire "en or".

Je vis depuis une semaine une période de froid sec, avec - 7° le matin, et une température négative toute la journée. Je supporte assez bien et c'est beaucoup préférable à la pluie pour voyager. Je suis actuellement dans le sud, à Tomsk (latitude 56,5° - longitude 85°, pour ceux qui veulent suivre sur une carte). En arrivant dans le sud, la forêt a progressivement fait en partie place aux terres de culture avec encore environ 50 % de forêt - des parcelles qui ressemblent un peu aux formes des pièces d'un puzzle - les agriculteurs comprendront.

Je prévois tenter de découvrir une autre région reculée,........au bout des transports en commun. Le seul risque est de ne pas trouver à dormir sur place. A bientôt sur le net. Bernard

 

Russie 5      Le 6/11/12

Bonjour à tous,
Je vous ai quitté à Tomsk (lat. 56,5°, long. 84,9°) et je me suis dirigé vers le nord, à 5 h de bus, jusqu'à Kolpashevo où la température est descendue jusqu'à - 13°. Brrrrrrr, je me sentais pour la première fois en Sibérie. Là, il a fallu multiplier les épaisseurs de vêtement, les collants, le bonnet nordique, les gants, - une grande partie de ma garde-robe y est passée. La neige faisait bien sûr partie du décor et était sujet à glissade. Enfin, pendant toute cette période j'ai pu marcher un peu partout, même en forêt, et c'était bien agréable. Je suppose que la température doit descendre au moins à - 30° en hiver (je suis au 31 octobre). Je me demande comment ils font pour enterrer leurs morts avec un sol gelé en profondeur. Je me rappelle en Laponie où j'avais vécu un - 37 °, ils utilisaient un énorme radian - genre gros matelas- qu'ils plaçaient sur le sol pendant 24 ou 48 h avant de pouvoir creuser la tombe.
Je suis remonté ensuite jusqu'à Kagasok - 5 h de bus au nord - que de la piste. Dur voyage car j'ai fait l'aller et retour dans la journée - je ne pouvais pas prendre le risque de ne pas trouver à loger sur place. Un peu déçu du voyage car il n'y a rien à voir de plus - forêts, villages, forêts...... Mais on ne peut pas gagner à tous les coups !
Accueil toujours formidable. Ce sont des régions où les étrangers sont rares - encore plus à cette période de l'année
Quand il n'y a pas de neige, les paysages sont gris, toutes les couleurs sont fades. Pour voir de beaux paysages il est préférable d'y aller au printemps, les maisons des villages seront toujours grises - couleur vieux bois - mais la végétation et les fleurs doivent égayer l'ensemble.
Des étables dans les villes et les villages ! un peu comme les poules et les lapins au fond du jardin chez nous. On ne voit rien mais on devine, avec les meules de foin dans "la cour" et le fumier à côté de la maison. C'est l'hiver et les "étables" sont complètement fermées. Ce sont de toutes petites constructions parallélépipédiques pouvant contenir 10 ou 15 animaux maximum. Difficile de visiter - barrière de la langue encore une fois. Une fois seulement depuis mon départ, j'ai vu une agriculture moderne, et c'était plus près de l'usine agricole que de la ferme (photos). L'ensemble comprenait une usine de fabrication d'aliments avec des dizaines de bâtiments d'élevage - des bâtiments administratifs - et le tout bien clôt. J'étais parti pour tenter de visiter. Je suis même entré par un champ dans la partie des bâtiments administratifs et je suis ressorti par l'entrée (avec barrière). Là, j'ai "essayé" de demander au gardien pour une visite - il m'a regardé de la tête aux pieds - n'a sans doute rien pigé, et m'a complètement ignoré. Il m'aurait fallu beaucoup de chance pour tomber sur une personne parlant anglais. Dommage.
Je n'en tire aucune conclusion sur le type d'agriculture dans le pays - ce que je vis ne sont que des photos isolées.
L'hiver dernier j'étais parti pendant 3 mois dans des pays chauds et je n'avais pas vraiment vécu d'hiver, mais cette année je suis parti pour en vivre un double.

Les occupations dans le train sont assez limitées : dormir, manger, boire le thé (avec la vodka, c'est la boisson nationale), lire, faire des mots croisés pour les Russes (du sudoku pour moi), marcher à l'extérieur aux arrêts et faire quelques courses dans les boutiques (épiceries chez nous) près des gares. Les arrêts varient de 3 mn à plus d'une demi-heure.

Au cours d'un voyage, mon voisin de train a toute la dentition supérieure en or. Je n'ai pas réussi à le décider de prendre sa dentition en photo, mais j'en ai une un peu moins fournie à l'entrée d'un bus (voir photos). 
Dans quelques heures je reprends un train, le transsibérien, pour revenir vers l'ouest jusqu'à Samara (lat 53.2, long 50.1) - 42 heures de train - eh oui, on est pas en France. Je n'ai pas encore décidé vers où je vais me diriger ensuite - ce sera en fonction des vents ! Mais je pense que je rentrerais en France plus tôt que je ne l'avais prévu, dans la deuxième quinzaine de novembre - j'estime avoir vécu et vu pas mal de choses déjà.
A bientôt sur le net.
Bernard

 

Russie 6  - le 17/11/2012

 

Bonjour à tous, 

Je suis revenu vers l'ouest où j'ai retrouvé des températures un peu plus clémentes variants entre 0 et 10° dans la journée. Après Samara, j'ai pris la direction de Volgograd, puis descendu vers la mer Caspienne, jusqu'à Astrakhan. Cette partie traversée de la Russie a été fortement déboisée et fait place aux cultures. 
A Volgograd, je vais pour acheter un billet de train et je comprends "entre les lignes" que le train est complet. Sans que je demande quoi que ce soit - j'en suis bien incapable - l'opératrice décide de me mettre dans un autre train. OK - je fais confiance - le prix est anormalement bas mais je verrais bien. Je me retrouve dans un train de militaires - ils reviennent de Géorgie - toute une compagnie - âgés de 18-20 ans, ils ont été relevés par un autre groupe. Un gradé du train qui parle anglais vient discuter dans mon wagon et m'explique qu'ils sont là-bas pour sécuriser la situation locale - "oui, oui, je comprends" ! Je m’abstiens de toute réflexion bien sûr. Il ne se doute pas qu'en France nous avons une image très différente de la situation. Les bidasses ouvrent leurs boites de ration et piochent à même la boite - la vodka fait bien sûr partie du menu. Très intéressant au final.

Les trains sont quand même anciens, avec un confort acceptable. Ils sont lents mais ont la particularité d'être toujours à l'heure. Il faut dire qu'ils s'arrangent pour être ponctuels dans chaque gare en utilisant éventuellement des arrêts en rase campagne. Idem pour les bus, très ponctuels au départ - après, c'est selon la circulation bien entendu. Mais dans l'ensemble les transports en commun sont très bien organisés.

 

Gorbatchev : une partie de la population lui en veut toujours, plus de 20 ans après, d'avoir été l'acteur du changement politique. Certaines personnes ont des gestes meurtriers envers lui. A les entendre on se demande comment se fait-il qu'il soit encore en vie.

Mon nom : en Français : Lardeux Bernard Alfred Emile Ferdinand
En Russe : ЛАРДО  БЕРНАР  АЛЬФРЕД   ЭМИЛЬ  ФЕРДИНАН  
      Quelle idée d'avoir autant de prénoms !
Chaque billet de train comporte mon numéro de passeport et mon nom en entier, et il en est de même pour les résidents Russes. Apparemment ils ont toujours leur passeport sur eux.

 

A Astrakhan, près de la mer Caspienne, je pointe un village sur ma carte et je trouve le bus pour m'y rendre. Deux heures de trajet. En descendant, je demande à quelle heure est le prochain bus pour le retour - 6 h du soir avec le même chauffeur - très bien - un peu tard quand même car il fera nuit ... et froid. Ce village est au beau milieu du delta de la Volga et un peu isolé. La plupart des maisons ont une grande cour fermée et comme une étable au fond. Les animaux sont en liberté dans la nature dans la journée - vaches, chèvres et moutons - et à la tombée de nuit tout ce petit monde rentre très lentement au bercail sans que personne n'intervienne, à l'image des enfants qui font l'école buissonnière en rentrant de l'école. 

Le cimetière est particulier - des tables et des bancs sont installés devant les tombes. Je n'aurais pas pu donner d'explications si je n'avais eu un retour d'une de mes lectrices à la suite des premières photos de cimetières dans la forêt et la neige. Les tables servent à la famille qui, autour de Pâques vient partager son repas avec le mort.

 

A mon retour, je dois faire une pause pour laisser passer un rhume qui me transforme le nez en gouttière au dégel. Je passe 3 nuits dans un hôtel avec un Tchetchene comme compagnon de chambre. Nous passons même une partie des journées ensemble. Il est musulman et dit sa prière sur son lit 4 ou 5 fois par jour - sa veste lui fait office de tapis de prière. Nous arrivons à échanger un peu et il arrive à me convaincre d'aller visiter Grozny en Tchétchénie. Pour lui, il n'y a aucun problème dans cette country - il y a même beaucoup de pétrole !!! - et Poutine y semble très intéressé. Un colocataire très intéressant. 
Dans le train qui m'emmène à Grozny la majorité des voyageurs est musulmane. Aux arrêts prolongés les vendeurs locaux investissent le train pour vendre leur marchandise - jusqu'au poisson séché qui y laissera son parfum. 

Je fais en général confiance aux locaux, mais j'avoue que je me demandais dans quel état serait la ville après la guerre en Tchétchénie. Grosse surprise - je découvre une ville neuve, avec des gratte-ciel, des parcs, des mosquées - plus rien à voir avec l'architecture russe. On pourrait presque se croire aux Etats Unis. J'ai eu bien du mal à trouver quelques stigmates de la guerre alors que le conflit date de moins de 10 ans. Des milliards ont été injectés pour faire disparaître les traces de cette guerre et reconstruire une ville moderne. La présence de pétrole dans le sous-sol explique sans doute la rapidité du changement. Ces transformations ont été menées d'une main de fer par Monsieur Kadirov père - assassiné en 2004 - et son fils, toujours au pouvoir (31 ans). Ces deux hommes ont bien sûr beaucoup de sang sur les mains mais ont leurs photos sur tous les bâtiments publics de la ville. Les habitants semblent très fiers de leur ville, et ....... de leurs promoteurs bien sûr - les mémoires sont courtes !
Côté sécurité, c'est extrêmement calme - aucun ressentiment négatif. La police est bien sûr très présente et spécialement le vendredi, jour de prière - avec toutes les rues barrées autour des mosquées et un filtrage des fidèles dans le calme. 

Les hauts parleurs des mosquées appellent à la prière régulièrement - il y a des années que je n'avais plus vécu cette ambiance.

 

Depuis mon départ de St Petersburg je ne peux pas dire que j'ai vraiment rencontré de lieux touristiques au sens découverte architecturale. Ou alors, St Petersburg était trop beau et tout ce que je voyais ensuite me paraissait fade. La plupart des lieux à visiter sont des églises orthodoxes - loin d'avoir l'attrait de St Petersburg, - des statues des grands hommes de l'histoire Russe (Lénine et autres), des monuments ou musées dédiés aux guerres, etc. - ce que je ne recherche pas vraiment. 
Une exception au tableau que je viens de décrire : Grozny. Ça ne ressemble plus à la Russie ! c'est une ville à l'Américaine, mais où les mosquées ont remplacé les églises orthodoxes.

Je reste encore deux jours en Tchétchénie et remonte ensuite vers Moscou - et ce sera mon retour en France. Il n'y aura pas encore de photos cette fois-ci - même à Grozny, une ville nouvelle, ils n'ont pas encore inventé le web-café.

 

Russie 7      Le 24/11/2012

 

Bonjour à tous,
Tchétchénie suite : visite d'un village (petite ville) à 100 km environ de Grozny. C'est toujours paisible. Les milliards arrivent aussi mais tout est loin d'être neuf ou restauré. C'est pour le moment, un mélange pas très harmonieux avec de l'ancien jusqu'à un siècle en arrière jouxtant de vrais palaces avec cours fermées. 
La Tchétchénie est devenue une république islamique, mais étroitement contrôlée par Moscou. Les cimetières n'ont plus rien à voir avec les cimetières russes (photos) - ils sont plutôt tristes, comme à l'abandon.
Je ne sais pas si c'est le fait d'être Français ici, mais c'est un accueil formidable dont je fais l'objet. J'entre au restaurant, je mange, et quand je veux payer, l'addition est déjà réglée. J'ai beau protester - rien à faire. Idem dans un café pour un thé, le serveur refuse que je le paie. En revenant d'une ballade à pied dans un village de la banlieue de Grozny, 3 policiers m'arrêtent et me demandent d'un air sévère "bla bla bla", - je ne comprends rien. Je réponds que je ne parle pas Russe et que je suis Français - toute de suite, grande poignée de mains et tape dans le dos. J'ai encore environ 5 km à effectuer - ils veulent arrêter un automobiliste - j'ai bien du mal à les persuader que je veux marcher pour tout voir et tout ressentir sur mon passage. Le dernier exemple (il y en a d'autres) - en partant de Grozny, je prends un taxi de mon hôtel à la gare. Je veux payer en sortant - il me fait non : "Français-Tchétchène main dans la main, pas de monnaie". Ouh ! le départ était un peu dur - j'avais les larmes aux yeux en entrant dans le train.
Moi qui y allais avec un peu d'appréhension, j'en ressors vraiment enchanté et je recommande à tous ceux qui vont en Russie d'aller y faire un tour. C'est seulement à 42 heures de train de Moscou !!! (85 € aller-retour en 3ème classe), et il y a des bus directs (plus rapides). Par contre au niveau conduite sur la route, ce n'est pas top - ils prennent les 2 voies pour des 3 voies.
Petit bémol - certains guides comme le petit futé recommandent d'éviter cette région. Je n'avais rien lu avant, j'ai fait confiance à un Tchétchène, et je ne regrette pas.
A aucun moment je n'ai ressenti un climat d'insécurité. 
Le salaire d'un policier affecté à la sécurité de l'aéroport : 800 € par mois.

Deux nuits de train et me voilà transporté à Moscou. Un petit hôtel pas cher à 5 mn à pied de la place rouge. Elle est un peu encombrée avec des travaux, la mise en place du village de noël et de l'immense patinoire qui doit rester tout l'hiver. C'est très joli, de jour, de nuit, mais en fin de compte St Petersburg me semble plus attirant et plus varié au niveau touristique que Moscou. Visite du Kremlin le 3 ème jour et retour dans mon cher pays.

J'avais un peu de stress en partant mais il a complètement disparu. Je reviens avec une très très bonne opinion de la population - des gens très éduqués, très chaleureux - rien à voir avec les dirigeants et l'armée russe - la seule vision que l'on a de la Russie vue de la France. Le mode de vie et la culture est pratiquement identique au nôtre. Sans barrière de la langue on pourrait facilement y vivre sans être trop dépaysé. Je peux comprendre ceux qui se marient avec des femmes russes, les cultures sont plus proches qu'avec les Asiatiques ou les Africains par exemple.
Dans les grandes villes, on se croirait presque en France, et dans les campagnes reculées, au temps de nos parents, - c'est pour moi un côté très agréable. Je ne ressens pas un peuple bridé par le pouvoir - ils le sont, mais il font avec, comme nous faisons avec des interdits chez nous. Pendant ces deux mois passés en Russie, j'aurais subi très peu de contrôle, et toujours très cordialement - et pourtant je suis loin de passer inaperçu avec mon sac à dos et ma tenue de routard.
Il arrive que des peuples dans des pays en pleine expansion soient aussi heureux voir plus heureux que dans des pays riches - ils ont sur nous un avantage énorme, celui d'espérer des jours meilleurs - alors que les pays riches se demandent quelquefois à quoi bon faire des enfants si c'est pour en faire des malheureux ou des chômeurs.

Je rentre en France avec beaucoup de satisfaction encore une fois. Un voyage difficile mais très riche en découvertes. 
J'espérais que vous auriez gardé un peu de douceur pour moi à mon retour, mais les infos que j'ai me font douter un peu. Au plaisir de vous retrouver.
Bernard